Directeur: Ahmed Manaï

Dossier

11 mars 2007
Jordanie, terre d'exil pour Irakiens
 
Ils ont fui l'enfer de la vie quotidienne en Irak
Près d'un million d'Irakiens se sont réfugiés au royaume hachémite. Qui les accueille bon gré mal gré.

REPORTAGE

AMMAN

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL

Combien sont-ils ? 500.000 ? 750.000 ? Un million ? En l'absence de recensement officiel, seules des évaluations bien vagues permettent d'appréhender l'ampleur du phénomène : depuis l'invasion de leur pays en 2003 et, surtout, depuis les déchirements sectaires de ces derniers temps, d'innombrables Irakiens cherchent à fuir l'enfer qui s'appelle Irak. Par les deux uniques portes restées longtemps ouvertes : la Jordanie et la Syrie. Ces deux pays auraient ainsi accueilli chacun près d'un million de citoyens irakiens. Des chrétiens, des chiites, mais d'abord et surtout des sunnites. Parmi eux, d'ex-dignitaires du régime déchu, de nombreux intellectuels et... des collaborateurs du nouveau gouvernement menacés par la « résistance ».

Dans la capitale jordanienne, pourtant, la présence de ces voisins en détresse ne se discerne pas à l'oeil nu. Mais les Jordaniens, eux, les reconnaissent à l'accent. Et ils les trouvent envahissants. « Les habitants d'Amman en ont un peu marre, confie Rana, une jeune trentenaire de bonne famille. Les prix dans l'immobilier ont triplé en deux ans devant l'arrivée massive d'Irakiens qui ont souvent la possibilité de payer au grand comptant. Un couple jordanien de la classe moyenne qui souhaitait acheter un appartement qui valait 35.000 dinars (moins de 40.000 euros) doit maintenant trouver 100.000 dinars pour se l'offrir et il doit souvent y renoncer. »

Les riches Irakiens, nombreux mais minoritaires dans la masse, affichent en effet une ostensible prospérité. Selon l'origine des commentaires, on dit d'eux qu'ils proviennent des cadres de l'ex-parti Baas qui régnait sous Saddam Hussein ou au contraire de l'administration « corrompue » du nouveau régime. En tout cas, ils ne se cachent pas : ils bâtissent, ouvrent des commerces et des entreprises. Ils ont injecté plusieurs milliards de dinars dans l'économie jordanienne qui, de ce point de vue, ne peut que s'en féliciter.

Dans certains quartiers chics, on ne voit plus qu'eux. Ainsi, à Umm-Udhaina, leur lieu de ralliement s'appelle « Zad al-Kheir », du nom du restaurant de luxe ouvert par le dynamique Youssef Agoub qui a quitté Bagdad et son établissement sur les berges du Tigre en 2004. Malgré des prix élevés, les tables ne désemplissent pas, et les propriétaires des grandes berlines allemandes garées aux alentours boivent les bouteilles de Johnny Walker Black Label comme du petit-lait.

Mais la vie de la majorité des Irakiens en Jordanie renvoie à une tout autre réalité. Plus sordide. Car les ressources des Irakiens de la classe moyenne qui quittent leur pays se révèlent vite insuffisantes. Après, c'est la débrouille. Et la solidarité des compatriotes ou de Jordaniens compatissants.

« Nous sommes presque tous en séjour illégal, explique Abdel, quadragénaire venu de Bagdad en juin 2006. Après l'expiration de notre visa, de trois mois en général, nous sommes juste tolérés. Mais nous vivons sous la menace d'une expulsion. Même si ce phénomène est assez rare, chacun d'entre nous connaît des cas de gens qui ont été expulsés. Gare au tampon rouge apposé sur le passeport : il signifie cinq ans d'interdiction de séjour. Et maintenant, ils refoulent les Irakiens à la frontière, presque plus personne ne passe. Si on est pris par la police, il faut payer 1,5 dinar par jour de résidence sans permis. Nous n'avons pas le droit de travailler et ceux qui réussissent à trouver un job au noir sont exploités de manière scandaleuse par leurs patrons. Nous n'avons d'ailleurs pas davantage accès aux soins publics ou à l'éducation nationale... »

Dans ces conditions, obtenir une interview peut devenir malaisé. Les nombreux Irakiens de condition modeste qui hantent le centre-ville se méfient des journalistes. D'autant que la police secrète rôde. Irakiens et Jordaniens en conviennent : le royaume hachémite est très « fliqué ». A El-Rabieh, un quartier plus bourgeois, des Irakiens aisés ont ouvert plusieurs restaurants. Au premier étage de l'un d'eux, Ahmed, serveur de son état, confie ses états d'âme : « Sans permis de travail, c'est dur. La police m'a pincé, un soir, et elle m'a battu. J'espère pouvoir aller à Dubaï, dans le Golfe, où mon patron a aussi ouvert un restaurant. »

Faiza n'aura jamais cette chance. Rencontrée à Al-Russeifah, une petite ville tout juste à la sortie est de la capitale jordanienne, cette Irakienne de 46 ans vit, comme tant d'autres, dans la plus extrême des misères. Chassée de Bagdad en 2005 par la violence et les menaces de mort, elle doit se contenter de 100 dinars par mois, la pension de son mari décédé, pour vivre et élever trois enfants dont l'un est frappé d'une grave infirmité. Après le loyer et les charges pour ses trois pièces humides et glauques, il lui reste 20 dinars, pas même 25 euros. « Mes rares meubles et ustensiles m'ont été donnés par des voisins, je vis de la charité. Pouvez-vous parler de moi à Amman ? Le monde peut-il faire quelque chose pour nous ? »

Le statut de réfugié politique ne résoudrait même rien, assure la plupart des personnes vues. Les rares privilégiés qui l'ont obtenu constatent que les autorités n'en tiennent nullement compte. Le 16 février, pourtant, l'annonce par les Etats-Unis qu'ils allaient accepter sept mille réfugiés sur leur sol a décidé des centaines d'Irakiens à se précipiter au bureau local du Haut Commissariat aux réfugiés. Mais cette agence des Nations unies ne dispose pas des moyens humains nécessaires pour faire face à un afflux de demandes.

Jamila, une fausse blonde de 43 ans, ne voit pas pourquoi elle s'adresserait à l'ONU. Son mari est haut fonctionnaire dans l'actuel gouvernement irakien. Malgré quoi, menacée de mort, elle a fui Bagdad. « J'ai vendu nos bijoux et nos deux voitures ; mes moyens financiers diminuent », nous dit-elle. Son appartement luxueux, la bonne philippine et l'école privée où elle a inscrit ses trois jeunes enfants nuancent toutefois le tableau. Mais Jamila partage avec la plupart de ses compatriotes exilés un immense sentiment de détresse. « L'Irak n'existe plus. Nous n'avons pas d'avenir. On attend. On survit.»
BAUDOUIN LOOS 
 
Un problème admis avec réticence

L'arrivée massive d'Irakiens sur le sol jordanien pose un gros problème aux autorités locales, mais celles-ci se montrent réticentes à l'avouer.

« La Jordanie se refuse à favoriser le statut de demandeur d'asile aux Irakiens, explique une source diplomatique européenne à Amman. C'est une question de survie du régime ! Les Jordaniens de souche sont déjà minoritaires dans ce royaume de 5,5 millions d'habitants, qui accueille depuis 1948 une majorité de Palestiniens, parmi lesquels plus de la moitié ont le statut de réfugiés. Et puis, ce statut de réfugiés obligerait le gouvernement à traiter les Irakiens qui se présentent selon les normes internationales reconnues, ce que le modeste budget du pays n'autorise pas. »
La Jordanie est un pays très pauvre et figure notamment parmi les dix pays les plus démunis en ressources aquifères.
Tout le monde, à commencer par les Irakiens, cependant, se félicite que la tradition jordanienne de tolérance envers les étrangers en situation de détresse se perpétue. « Nous encourageons cette tolérance générale, nous déclare l'Américain Robert Breen, directeur de l'agence locale du Haut Commissariat aux réfugiés. Mais il conviendrait que la communauté internationale prenne conscience des besoins des Irakiens de Jordanie, notamment en matière de santé et d'éducation, qui représentent des cas parfois dramatiques. »

L'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a publié en novembre dernier un rapport de plus de cent pages qui évoque ce qu'elle appelle « les réfugiés de facto ». Elle reproche aux autorités jordaniennes de traiter ces arrivants comme des « visiteurs temporaires », et constate que la Jordanie avait commencé depuis des mois à refouler les nouveaux arrivants.

« Réfugiés de facto »...

« Depuis les attentats commis contre trois grands hôtels d'Amman par des terroristes venus d'Irak en novembre 2005 [60 tués, NDLR], constate un intellectuel irakien, le royaume a drastiquement changé sa politique et, désormais, les Irakiens âgés de 17 à 35 ans ne peuvent plus du tout franchir la frontière, alors que les autres éprouvent les pires difficultés à entrer dans ce pays. »

« L'arrivée des Irakiens ces dernières années représente une augmentation de 10 à 15 % de la population dans ce pays,
argumente l'économiste jordanien Fahed Fanek dans The Jordan Times. Ces centaines de milliers de réfugiés ont des besoins socioéconomiques qui dépassent les moyens de la Jordanie. Qui va payer ? Notre pays a droit à des compensations de la part de la puissance moralement et légalement responsable de cette immigration massive. Les Etats-Unis ont lancé une guerre injustifiée contre l'Irak et ils ne peuvent échapper à leurs responsabilités. »

Le porte-parole du gouvernement jordanien a pour la toute première fois, le 22 janvier, appelé à la tenue d'une conférence internationale pour, a-t-il dit, « discuter des réfugiés irakiens et de l'assistance financière à prodiguer aux pays qui les accueillent ». Il a été entendu puisque Genève abritera une telle conférence les 17 et 18 avril.
B. L.
 
 
C'est l'enfer que fuient les réfugiés irakiens
 
Plongée chez les Irakiens de Jordanie, des exilés de fraîche date, surtout sunnites, qui ressassent infiniment leur mal de vivre...

REPORTAGE

AMMAN

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL

Il est malaisé de classer les Irakiens réfugiés en Jordanie, qui approchent peut-être le chiffre d'un million. Parmi eux, toutes les catégories sociales et religieuses s'y retrouvent, et notamment beaucoup de chrétiens. Mais les Arabes sunnites, qui composent un gros cinquième de la population irakienne et qui ont longtemps dominé le pays, semblent très nettement majoritaires dans cet exil massif forcé. En atteste ainsi un fort ressentiment envers les Américains qui les rend d'ailleurs plutôt sympathiques aux yeux de la population jordanienne... n'était la lourde charge économique et sociale qu'ils font peser sur le fragile royaume hachémite (voir Le Soir du 26 février).

Le témoignage de ces Irakiens (1) confirme l'évidence : ils ont fui l'enfer. Et ils n'ont pas l'intention d'y retourner. Pourtant, même parmi ces sunnites, tout le monde ne professe pas les mêmes opinions. Et certaines déclarations peuvent surprendre. « Quand les Américains ont envahi l'Irak, j'étais euphorique, raconte Nasser, un ingénieur quadragénaire. Je crois que 99,9 % de la population, même parmi les sunnites, étaient contre le régime, souffraient des exactions de Saddam Hussein. Ce type qui a bousillé l'Irak par de folles guerres était détesté par tout le monde. Notre seule chance de s'en débarrasser reposait sur les Etats-Unis, alors... »

Mais la déception fut à la hauteur de la joie initiale : « Les Américains ont accumulé les erreurs. Ils ont démantelé l'armée et la police sans attendre, laissant des dizaines de milliers de personnes pleines de rancoeur sans travail, ils ont purgé l'administration des gens du parti Baas, parmi lesquels se comptaient beaucoup de fonctionnaires compétents. Et, surtout, ils ont laissé le pays se diviser sur des bases religieuses. Les partis religieux chiites et sunnites ont proliféré. Et les chiites l'ont emporté. Les Américains ont réussi à faire l'unanimité contre eux, hormis sans doute chez les Kurdes qui ont leur agenda propre. Moi, au troisième jour de l'invasion de Bagdad, j'avais accepté de prêter ma douche à un soldat américain qui n'en avait plus eu depuis deux semaines. Cela serait désormais impensable en Irak. »

Le jugement de Nasser sur Saddam Hussein n'emporte pas l'adhésion des nombreux sunnites interrogés. « Saddam Hussein n'était pas un saint, soit, estime par exemple Saleh, un sexagénaire professeur de sciences qui, comme des centaines de confrères, a trouvé un emploi « sous-payé » dans une université d'Amman. Mais il faut savoir qu'une mosaïque ethnico-religieuse comme l'Irak a besoin d'un homme fort, on le vérifie bien maintenant ! Et puis, je ne suis pas convaincu qu'il avait sur la conscience tous les meurtres qu'on lui attribue ; il y a manipulation, c'est politique, vous comprenez. Et puis, on omet de dire qu'il avait été le protégé de l'Occident pendant longtemps. »

Mais, plus que la politique, ce sont les conditions mêmes de la vie quotidienne en Irak qui ont décidé la plupart des réfugiés à choisir le douloureux chemin de l'exil. « Ce n'était plus une vie, confie Salem, un sexagénaire ventripotent : l'électricité ne fonctionne que par brèves séquences, l'eau potable est devenue une denrée rare et le prix de l'essence a été multiplié par cent ! Mais ce n'est rien à côté de la sécurité, je veux dire l'absence de sécurité. Plusieurs de mes connaissances ont été tuées, comme ça, dans la rue, peu avant que je ne parte, en juin dernier. » Ce que dit Rabab, entourée par ses trois enfants dans son luxueux appartement, se révèle plus hallucinant encore. « Il n'y a plus de sunnites dans mon quartier, celui de Karrada, à l'est de Bagdad, qui fut longtemps mixte. Les uns après les autres, nous avons fini par nous résoudre à l'inéluctable : le départ. J'étais bien décidée à rester, pourtant. Mais le jour où j'ai reçu une lettre anonyme m'annonçant que je retrouverais la tête de mon fils de 10 ans dans un panier devant ma porte si je ne déguerpissais pas dans les trois jours, nous n'avons pas pris le temps de réfléchir, nous avons pris quelques effets et vendu notre voiture avant de filer. J'ai appris que la famille d'un militant de la
milice chiite Jaish al-Mahdi
(l'armée du Mahdi, de l'imam chiite Moqtada al-Sadr) s'était emparée de notre maison. »

Le vrai « nettoyage sectaire » qui se développe à Bagdad dans les deux sens - des quartiers à majorité sunnite se débarrassent aussi de leurs habitants chiites - avait débuté en 2005 déjà, mais tout le monde admet que l'attentat contre le mausolée vénéré par les chiites à Samara, le 22 février 2006, a galvanisé la haine dans le camp attaqué, déchaînant les violences entre chiites et sunnites à grande échelle. « Mais les chiites, eux, sont au pouvoir, ils ont infiltré l'armée et la police. Ils tuent et se remplissent les poches. Nous, nous n'avons personne à qui nous fier, ce qui explique le taux de plus en plus important de sunnites qui choisissent l'exil », tient à préciser Samir, un jeune Irakien désoeuvré qui fait les cent pas devant la grande mosquée au centre d'Amman.

Mais chez les sunnites émigrés, l'amertume prend souvent d'abord sa source... à la Maison-Blanche. « Qu'on me présente [le président américain] Bush, s'emporte ainsi Jamila, 43 ans, épouse d'un haut fonctionnaire resté à Bagdad. Où sont les armes de destruction massive qu'on accusait l'Irak de détenir ? Qui a donné à Bush l'autorité pour remplacer Dieu et détruire tout notre pays ? Maintenant, ce sont les religieux fanatiques qui mènent la danse au gouvernement, mais il n'y a même plus d'Etat ! »

Sans vraie surprise, plusieurs Irakiens réfugiés en Jordanie ne cachent tout simplement plus leur nostalgie de l'époque dictatoriale révolue. « Tout le monde vit la peur au ventre à Bagdad, analyse Saleh, le professeur de sciences. Ma maison dans le quartier de Mansour, vide, a été cambriolée plusieurs fois, je ne sais ce qu'il reste de mes collections de livres de littérature anglaise, j'espère que cela n'intéressait pas les voleurs. Les universités ne fonctionnent plus, faute d'enseignants ; de même, la plupart des médecins sont partis ou... morts. Les gens ont cru que la fin de Saddam Hussein nous propulserait dans la prospérité, on parlait de devenir un second Dubaï ! Maintenant, en pleine guerre civile, il faut admettre que nous avons au contraire reculé de cent ans... »

Même parmi ceux qui jurent leurs grands dieux qu'ils abhorraient le régime de Saddam Hussein, le sombre passé du pays apparaît presque comme un temps heureux. « Vous vous rendez compte, on en vient à regretter Saddam ! s'exclame Nasser, celui qui prêta sa douche à un GI à la chute de Bagdad. Toute personne normalement constituée doit reconnaître qu'on menait une vie bien meilleure sous Saddam Hussein, malgré la terreur que ce tyran cruel et stupide inspirait. Les Américains ont échoué en Irak, c'est l'évidence. Ils n'ont rien compris à ce pays. »
BAUDOUIN LOOS

(1) Les Irakiens exilés à Amman manifestent souvent une grande méfiance devant le journaliste occidental. A leur demande, les noms des témoins cités ne correspondent pas à leurs identités réelles.
 
Une radio... avec l'aide de la Belgique

Comment l'Irak régi par un sanglant chaos peut-il accéder à une information digne de ce nom ? C'est pour contribuer à la réponse à cette question qu'un couple d'Allemands, Klaas Glenenwinkel et Anja Wollenberg, a fondé une petite ONG à Amman. « Ce que nous faisons, explique le premier dans les locaux de l'organisation, c'est produire et diffuser des billets et des reportages radio que nous envoie d'Irak un réseau de correspondants à travers le pays, puis relayés par une vingtaine de radios locales irakiennes qui reçoivent les produits finis sur MP3 par le Net, grâce au site www.niqash.org, bilingue arabe- anglais (niqash veut dire débat en arabe). »

L'aventure a commencé en 2003 à Berlin, pour émigrer à Amman il y a deux ans. « Ce qui nous ravit, explique encore Klaas Glenenwinkel, c'est que nos productions sont reprises - gratuitement d'ailleurs - par des radios à travers tout l'Irak et sur des stations de toute obédience sauf peut-être les chiites conservateurs. On n'est pas peu fier d'être entendu à Mossoul comme à Bassora ou à Fallouja, c'est comme un brevet d'objectivité. »

De manière peut-être surprenante, la Belgique joue un rôle dans ce projet. « Nous avons reçu une oreille attentive de la part de Jeroen Vergeylen, le chargé d'affaires belge pour l'Irak basé ici à Amman, continue notre Allemand. Et, en 2006, les Affaires étrangères belges, à travers leur département Diplomatie préventive, ont financé plusieurs programmes à hauteur de 190.000 euros. Le principal concernait la formation de journalistes et la production de reportages, notamment par des ateliers organisés ici. »

Selon notre interlocuteur, l'entreprise fonctionne bien : « Nous envoyons de deux à six reportages ou billets par jour en Irak, et les radios peuvent jauger notre travail grâce aux appels téléphoniques, qui sont nombreux et enthousiastes. » Mais les problèmes ne manquent pas, Irak oblige : « Je suis encore stupéfait de voir quelles difficultés nos correspondants doivent surmonter sur place. Menacés, attaqués, ces professionnels courageux travaillent comme s'ils avaient une mission à remplir... » B. L.
 
 
Copyright LE SOIR du 27/02/2007

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